Et la fratrie ?

Si nous parlons beaucoup des enfants autistes et de plus en plus des adultes autistes, on parle encore très peu des frères et sœurs de nos chers enfants différents.

Ils sont pourtant des partenaires d’action, des références clés, de très bons décodeurs et des personnes extraordinairement sensibles aux autres.

Les frères et sœurs d’enfants différents sont des êtres significatifs, qui apportent énormément à l’enfant différent. Que ce soit pour stimuler et développer le langage, les aptitudes sociales et affectives, ou encore le développement de l’autonomie, la fratrie est un atout non négligeable à la famille. Bien sûr, comme dans toutes relations fraternelles, l’amour, le partage et la patience seront aussi exploités au maximum mais également le besoin de s’isoler et de passer du temps seul. Comme dans toutes bonnes familles, les conflits sont inévitables et font partis de l’apprentissage de la vie en communauté.

Les avantages qu’apporte la fratrie sont nombreux pour l’enfant différent et pour les parents, mais il est également très valorisant d’être le frère ou la sœur d’un enfant différent. Rose, 8 ans, se confie : « Je suis fière d’être la grande sœur de mon frère autiste! Grâce à lui je suis plus ouverte sur les différences des autres et je peux mieux les comprendre. J’aime lui apprendre des choses et jouer avec lui. Il me fait rire. Je sais qu’il m’aime. »

L’entourage immédiat d’une personne différente sera souvent plus ouvert, plus sensible à la différence qui l’entoure et plus respectueux des autres. Cela apporte beaucoup sur l’estime de soi de la fratrie car les frères et sœurs sont perçus comme un modèle de la part de l’enfant différent. Il est important de bien expliquer aux autres enfants la différence qui les entoure et les encourager à poser leurs questions.

Il ne fait aucun doute, les enfants s’apportent beaucoup entres eux. Mais il ne faut pas se leurrer, faire partie d’une « famille différente » apporte aussi des moments plus difficiles. Les frères et sœurs d’enfants différents peuvent ressentir de la jalousie, de la honte et de la colère. L’attention accordée par les parents peut être plus grande pour un enfant différent, que ce soit en temps consacré aux soins, les rendez-vous qui sont plus nombreux, les dernières nouvelles données à la famille plus régulièrement, les discussions des parents qui tournent plus souvent au sujet de l’enfant différent, etc.

Il ne faut pas chercher à passer le même nombre de temps avec chaque enfant, mais plutôt chercher à accorder le temps que chacun des enfants nécessitent, selon leur personnalité et leur disponibilité. Il faut demeurer présent pour les autres enfants et prévoir des moments seul avec eux. La fratrie doit elle aussi être valorisée, félicitée et encouragée. Il est important de souligner leurs bons coups à la famille, de prendre le temps de les écouter, mais par-dessus tous, encouragez vos enfants à parler de leurs émotions et surtout, ne les minimisez pas.

Finalement, n’oubliez pas de leur dire merci de faire partie de votre vie!

Amélie Bastien

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