Vivre avec le syndrome d’Asperger au quotidien, c’est …

En cette journée nationale pour le syndrome d’Asperger, je vous présente brièvement en quoi consiste de vivre avec cette forme d’autiste au quotidien.

C’est de vivre avec des défis bien réels mais invisibles aux yeux de tous. C’est d’être un homme, une femme intelligent soudainement frappé d’une vague de stupidité naïve sociale.

C’est d’être particulièrement brillant, en solo, dans certains domaines, dans des champs d’intérêts spécifiques et d’être complètement niais et sans mot en présence d’un petit groupe.

C’est d’être dans une réunion familliale, dans une rencontre d’amis et de perdre graduellement ses facultés. Moins les gens sont familiers ou plus le nombre de personnes est élevé, plus rapidement frappe cette stupide. C’est alors de perdre graduellement ses références, sa boîte d’accès à ses dossiers, un peu comme si un fil se débranchait petit à petit. Le fil qui relie le disque dur à l’écran. Il n’est pas brisé, ni défectueux, il est seulement débranché pour un instant.

C’est de devenir alors muet et perdu cherchant désespérément ses connaissances, ses mots, sa mémoire, son cerveau! C’est se retrouver dans le néant intellectuel.

C’est de ne pas comprendre les “private joke”. Mais qu’est-ce qu’une “private joke” au fait? C’est de faire soi-même une blague dont tout les personnes rient….sauf nous. Parce que ce n’était pas une blague 😉 C’est, pour une femme, de ne rien comprendre au fameux “soupers de filles”! C’est de détester le magasinage intensif.

C’est d’avoir l’air déconnecté, absent, dans la lune avec un simple sourire ennuyé sur son visage. C’est d’entendre toutes les conversations, d’observer toute la scène dans les moindres détails, mais sans véritablement écouter et participer aux conversations qui semblent parfois intéressantes, parfois trop complexes, parfois trop surchargées en codes sociaux, parfois avec trop de bruit de fond, avec trop de stimuli visuel, nous font échapper le fil de la conversation de la personne en avant de nous.

C’est de devenir anxieux simplement en s’approchant d’un appareil téléphonique, simplement en pensant d’aller chez le coiffeur, simplement en pensant d’aller au restaurent. C’est de prévoir mentalement des petites phrases préfaites afin d’éviter une bévue sociale.

C’est d’avoir des effrondrements émotionnels pour un événement banal. Une pensée mal comprise, une discussion trop mouvementée, un mot de trop qui blesse et qui nous font tomber dans un état dépressif.

C’est d’être hypersensible de certains ou de tous ses sens physiques ou psychiques. C’est d’avoir des douleurs au tympan parce que le chien aboie. C’est d’avoir mal à la peau à la simple contact d’un vêtement. C’est d’avoir mal quand l’autre nous donne un câlin.

C’est de dire franchement ce qu’on pense, peu importe qui se trouve devant nous, même s’il d’agit du premier ministre. C’est d’être honnête et juste. C’est d’avoir un grand sens de la justice.

C’est d’être rationnel en situation émotive. C’est d’offir une solution pratique plutôt qu’un réconfort affectif à un ami en détresse.

C’est d’être très heureux ou très triste. C’est d’être très en colère ou très joyeux. C’est de d’avoir aucun gradateur émotionnel seulement une puissance maximale ou un mode éteint. C’est d’être en grosse colère pour trois fois rien. C’est de sauté de joie pour un petit rien.

C’est ne pas voir la différence humain. C’est de ne pas porter de jugement de race. C’est de ne pas comprendre le sexiste. C’est d’être tolérant.

C’est d’approfondir ses connaissances et les enrichir sans limite. C’est d’avoir une intelligence différente, une logique unique.

C’est aussi d’avoir une vison de la vie totalement différente de la moyenne des gens. C’est de voir des détails qui passent inapercus pour les autres. Des détails qui nous amènent à voir toute la beauté du monde et parfois, toute la souffrance. C’est de sentir une force en soi.

Mélanie Ouimet

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