Vivre avec le syndrome d’Asperger au quotidien, c’est … (la suite !)

Voici la suite !

C’est d’analyser chaque situation, de l’intégrer, de la digérer, et d’enregistrer une réponse sociale convenable à cette situation.

C’est de se ronger les sangs pour des détails insignifiants aux yeux des autres. C’est d’avoir le cerveau qui s’emballe le soir et c’est d’avoir des pensées qui nous tracasse toute la nuit. C’est de ne pas avoir d’interrupteur pour mettre notre cerveau en veille.

C’est d’avoir une vision dualiste de la vie, le gris n’est pas une couleur de prédilection !

C’est d’avoir l’air sérieux, apathique, distant, froid de l’extérieur mais d’être complètement submergé d’émotions et de ressentis à l’intérieur. C’est d’avoir une sensibilité ardente.

C’est de devoir jouer la comédie sociale en affichant un visage adapté à la situation. C’est d’arborer une façade en permanence. C’est de s’autocontrôler pour se fondre dans la masse. C’est de jouer à l’adaptation sociale. C’est un jeu épuisant et hypocrite. C’est de vivre avec les jugements d’être une personne fausse, sans émotions et sans empathie. C’est d’essayer de comprendre pourquoi la société se joue la comédie.

C’est d’avoir l’impression de faire sans cesse des maladresses et de ne pas les comprendre. C’est de ne pas saisir les conventions sociales. C’est de ne pas déchiffrer les sarcasmes et les moqueries amicales. C’est de sentir un énorme décalage socialement.

C’est de ne pas faire de bavardage avec le voisin ou les collègues. C’est de ne pas aimer les conversations vides de sens. C’est de privilégier les relations sincères et vraies.

C’est d’avoir une démarche étrange. C’est d’avoir de la difficulté à attraper un ballon. C’est de faire un carnage en essayant d’ouvrir une boîte de biscuits.

C’est souvent d’avoir un sens artistique très développé. C’est d’ouvrir notre âme intérieure pour créer des œuvres d’art.

C’est d’être complètement désintéressé par le carriériste. C’est de ne pas comprendre la hiérarchie. C’est de ne pas comprendre l’importance de monter en grade. C’est de souvent faire face à des problèmes relationnels au travail, la vérité et la franchise ne sont pas perçues comme de bonnes qualités.

C’est d’être anxieux pour chaque événement social. C’est d’être facilement perturbé par tout changements, même banaux et mineurs. C’est de ressentir un besoin pressant de s’isoler. C’est d’avoir besoin de reprendre contact avec soi-même pour retrouver son calme intérieur.

C’est d’avoir des capacités supérieures dans certains domaines et d’avoir des capacités très limités dans d’autre domaines. C’est d’avoir un fonctionnement plus lent pour certaines fonctions de bases données. C’est d’avoir un temps de latence pour exécuter une consigne simple. C’est de devoir décoder manuellement les informations. Paradoxalement, c’est de trouver les autres peu réactifs et peu décidés.

C’est d’être complètement absorbé par ses intérêts. C’est de ne plus avoir aucune notion du temps, aucune notion des priorités. C’est d’être passionné.

C’est d’essayer de lire l’âme des autres. C’est d’essayer de savoir qui ils sont derrière leur masque. C’est d’être en quête d’authenticité. C’est de ressentir les émotions profondes, les nôtres et celles des autres qui nous imprègnent souvent malgré nous. C’est d’avoir une sensibilité nourrissante et drainante à la fois.

C’est d’avoir la forte impression de ne pas être fait pour vivre dans ce monde. C’est de se sentir seul au monde avec sa propre compréhension. C’est d’être original et singulier. C’est d’avoir une compréhension unique du monde et de la vie. C’est d’apporter des idées nouvelles.

C’est de vivre pour être soi. C’est de vivre pour sa nature profonde.

Mélanie Ouimet

 

Pour lire la partie 1

 

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