Retour sur la conférence de Laurent Mottron – journée mondiale de la Neurodiversité

Le 30 septembre dernier, lors de la journée mondiale de la Neurodiversité, Laurent Mottron donnait une conférence sur les enjeux scientifiques, mais également sociétaux, moraux, légaux qui peuvent découler d’une prise de position en faveur d’une humanité neurodiverse.

 

La neurodiversité est un concept en constante évolution. Initialement, lors de sa thèse en sociologie, Judy Singer essayait de trouver un sens aux « handicaps » comme le TDA-H, la dyslexie, l’autisme. Sa thèse est cependant principalement basée sur le spectre de l’autisme. Ainsi, par la suite, les premiers mouvements de la neurodiversité ont été initiés par des autistes. La neurodiversité est encore aujourd’hui associée majoritairement à l’autisme.

Pourtant, à l’heure actuelle, lorsqu’on se penche sur les différents mouvements de la neurodiversité dans le monde, la définition qui revient est sensiblement celle-ci : la neurodiversité se défini comme étant la diversité des cerveaux et des esprits humains – la variation infinie du fonctionnement neurocognitif au sein de notre espèce.[1] En ce sens, ce concept est inclusif. L’humanité est neurodiverse.

Concrètement, cela implique que la diversité cognitive englobe entre autres : l’autisme, le TDA-H, la dyslexie, la dyspraxie, la bipolarité, la trisomie 21, la déficience intellectuelle, etc.

Aborder l’autisme, le TDA-H, les DYS comme étant des variations naturelles de la diversité humaine est déjà bien complexe. Alors, aborder la neurodiversité de manière inclusive et absolue est une énorme polémique. Une inclusion que je sens parfois le besoin de dissimuler. L’évolution du concept, les enjeux, les réflexions, les questionnements qui en résultent me rebondissent plus rapidement que ma réflexion personnelle.

Dans sa conférence, Laurent Mottron présentait cette neurodiversité inclusive de tous les êtres humains. Une inclusion complexe. Une inclusion choquante. Une inclusion noble.

Compte tenu des enjeux auxquels je dois faire face, je suis très heureuse qu’un scientifique comme lui ait pris la parole sur un sujet controversé et délicat à aborder, mais nécessaire.

Selon ma perception et ma compréhension globale de sa conférence, cela reflète également beaucoup ma position personnelle par rapport à la neurodiversité au niveau des questionnements et des dérives potentiels. Il a soulevé des points importants. La neurodiversité parle trop d’autisme et pas suffisamment des autres conditions. L’autisme n’est pas une « race supérieur » ni une condition à favoriser au détriment des autres. Les Asperger ne sont pas supérieurs aux autistes prototypiques ni aux autistes ayant une déficience intellectuelle. L’élitisme ne devrait pas avoir lieu. La neurodiversité, “ce n’est pas une vision de “nous”, (les autistes), contre “eux”, (les non-autistes), nous rappelle-t-il.  Les diagnostics demeurent encore aujourd’hui subjectifs et les erreurs surviennent beaucoup, surtout lorsqu’on exerce une certaine pression pour obtenir “le diagnostic à la mode”. L’important, ce n’est pas le diagnostic en soi, mais bien d’aider la personne à recouvrir à une description d’elle-même, à se réapproprier sa personnalité, à mieux se connaître.

Ce n’est pas toujours agréable à entendre, surtout lorsqu’on favorise la reconnaissance positive de l’autisme. Mais, ces énoncés sont justes, je les constate quotidiennement.

Il le mentionne clairement, la science a fait des torts considérables aux autistes en les assimilant à des erreurs. Nous faisons cette erreur avec les autres conditions également. Il nous rappelle que la notion de biologie a des contours assez flous, que le génome n’est pas fermé et peut varier. Ainsi, si ce que nous appelons erreurs étaient plutôt des variations ? Qui peut décider qu’une variation est meilleure qu’une autre ? Qui peut se permettre de faire l’eugénisme d’une forme de variant humain ? Qui peut dénuer le statut d’humain à un être humain, comme nous le faisons à l’heure actuelle pour la trisomie 21 ? Ce sont des pistes de réflexion qu’il nous a donné. 

A titre personnel, lorsque je parle de neurodiversité, je m’abstiens généralement, et ce volontairement, de nommer des conditions précises pour lesquelles je n’ai aucune connaissance ni vécu. Tout comme les autistes l’ont fait, je crois aussi que la valorisation positive d’une condition devrait se faire par les principaux concernés. « Rien pour nous sans nous » comme le dit le slogan d’autism right movement.

Lors de sa conférence, Laurent Mottron a nommé quelques conditions, « maladies mentales », « troubles de personnalité »… à méditer sur le terme à employer. Il a entre autres nommé la psychopathie. Mais qu’est-ce que cela vient faire dans la neurodiversité ? Comme il le mentionne, la personnalité psychopathe serait innée, leur cerveau n’est pas connecté de la même manière, ils ont, entre autres, un « déficit » au niveau cortex préfrontal.

Selon la définition du Larousse, « le psychopathe est une personne souffrant d’un important trouble du comportement. Ce trouble se traduit par un comportement fortement anti-social. Il agit de manière très impulsive, dans le but de « détruire » psychologiquement et/ou physiquement l’individu. » Dans les faits, qu’est-ce que cela implique ? Est-ce réellement aussi fatalisme que la définition l’indique ? La réponse n’est assurément pas si simple. Globalement, ces personnes naissent avec une divergence neurologique qui engendent un énorme défi sur le plan psychologique. Est-ce possible, dans un contexte favorable, que ces personnes puissent « canaliser » leurs défis afin d’en tirer avantage ou à tout de moins, éviter de devenir des criminels monstrueux ? Est-ce possible d’éviter la “dérive” psychologique ? Est-ce possible de trouver un certain équilibre ?

Lorsqu’on se base sur la définition de la neurodiversité, il est à mon sens, impossible d’exclure des êtres humains. Il me semble également impossible de tracer une ligne bien définie entre la neurologie et la psychologie, donc de ce qu’on appelle, la maladie mentale. Un être humain est un tout indissociable. Aucun être humain n’est à l’abris des « troubles psychologiques ». Certains en sont peut-être plus à risque selon leur génétique, leur neurologie, leur bagage de vie, leur contexte familial et environnemental, etc.

Est-ce que des formes de variations sont plus avantageuses que d’autres ? Est-ce que certaines condamne d’emblée un être humain à la souffrance ? La société a-t-elle un impact sur l’évolution favorable ou défavorable de ces personnes ? Pouvons-nous trouvez la « niche »[2] pour que chaque être humain soit confortable ?

Cette position envers cette neurodiversité inclusive qu’a prise Laurent Mottron est hautement polémique, épineuse et sensible, et pour cela, je souligne son audace de l’avoir abordé durant la journée mondiale de la Neurodiversité.

 

Mélanie Ouimet

[1]http://neurodiversite.com/wp-content/uploads/2017/11/Communique_officiel_neurodiversite-1-1.pdf

[2]http://www.institute4learning.com/resources/articles/neurodiversity/

1 thought on “Retour sur la conférence de Laurent Mottron – journée mondiale de la Neurodiversité”

  1. Les faux positifs soumis a de fortes médications avec des effets secondaires désastreux sur les cerveaux d’enfants en plein développement d’où calcifications du cerveau un enfant qui a perdu l’usage du langage a 7 ans ainsi que la notion des couleurs est ce l’autisme ou autre chose l’effet de la médications sur le long terme ou autre substance , précise qu’un scan a l’age de 6 ans n’a rien décelé durant la médication entre autre le RISPERDAL un IRM a décelé la calcification bilatérale symétrique du cerveau est ce l’effet de la médication sur le long terme merci de me répondre

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