Quand nos compétences parentales sont mises à l’épreuve

À mes enfants, mes beaux grands défis de vie. Avec vous, j’ai appris à suivre mon instinct, à écouter mon cœur. À vous écouter, vous, chacun avec sa personnalité unique. Chacun avec des besoins différents.

 

J’ai aussi appris à changer mes perceptions face à ce qu’était un enfant. Petits êtres qui me demandent tellement d’attention. Plus d’une fois, je me suis sentie à court de ressources pour répondre à vos nombreux besoins, qui m’apparaissent parfois si exigeants et impossibles à combler. Mes compétences parentales ont été ébranlées plus d’une fois. Je me sentais désarmée devant vous.

Quand vous me confiez vos émotions sous forme de tempêtes émotionnelles, de grimaces, de grognements, de cris, de coups et de rage, je me sens souvent désemparée, ne sachant comment bien les accueillir sans vous blesser. J’ai compris que c’était votre manière d’exprimer maladroitement vos émotions, et j’ai appris à décoder tranquillement ce qui se passe en vous. J’ai appris à essayer de mettre des mots sur ce que vous ressentez. J’ai appris à me détacher du jugement des autres, qui leur appartient, et à me concentrer sur vous, simplement.

Au fil de ces dernières années, j’ai oublié toutes les idées reçues sur les bébés, l’enfance et l’éducation et je me suis concentrée sur vous, des petits êtres uniques à part entière.

Je trouve cela difficile d’être un parent vous savez. Vous accueillir, vous, pour qui vous êtes et pour ce que vous avez à offrir. Mais chaque défi rencontré est source d’apprentissage. Vous me faites grandir. À vos côtés, j’ai cultivé la bienveillance et l’empathie. J’ai appris à reconnaître l’autre. Vous m’avez appris l’intelligence du cœur.

Avec chacun d’entre vous, j’ai appris qu’il était possible de dire « non » avec douceur. Qu’il était possible de poser des limites dans le respect mutuel. Quand, à tour de rôle, vous vous opposez férocement à moi parce que vous cherchez à vous affirmer, à vous reconnaître pour montrer que vous existez, ma patience est mise à rude épreuve. J’ai appris à vous faire confiance. Vous êtes les meilleures personnes pour savoir quels sont vos besoins. Je vous laisse beaucoup de liberté pour découvrir vos passions. Vous devenez des enfants curieux de la vie avec une incommensurable soif d’apprendre, avec une belle joie de vivre contagieuse. Vous êtes sensibles, spontanés et vivants. Vous portez déjà en vous une grande maturité émotionnelle.

J’ai oublié toutes les idées reçues sur la « fausse normalité » d’un enfant et je me suis concentrée sur NOTRE réalité. Mes croyances étaient chamboulées et mes repères n’existaient plus, mais vous, vous êtes là, avec toute votre singularité. Merci de m’avoir permis de me découvrir également dans cette singularité.

Merci de me faire cheminer. J’ai appris à admettre que je n’ai pas toujours les outils pour bien vous guider. J’ai appris à aller chercher ces outils. Être en mode apprentissage, c’est également savoir s’excuser en toute humilité, sans avoir le poids de la culpabilité. C’est d’accepter que je sois imparfaite et que, parfois, il m’est plus ardu de répondre à vos besoins tout en me respectant. 

Parfois la fatigue m’envahit, parfois je suis irritable. Parfois, je n’ai pas les mots ou les gestes pour recevoir vos émotions ou pour vous guider. C’est de prendre le temps de regarder ce qui se passe en moi, d’accueillir mes émotions sans jeter le blâme sur vous. Mes sentiments m’appartiennent et vous n’en êtes pas la cause. C’est de me donner le droit de pleurer parce que je suis épuisée, parce que je n’arrive pas à vous comprendre comme je le souhaiterais. C’est de me donner le droit d’être en colère, pas contre vous, mais parce que mes besoins ne sont pas comblés et alors je me sens irritable et tout me semble insurmontable.

J’ai compris que vous étiez des petits humains en apprentissage et non des êtres à modeler selon la normalité ou selon nos attentes personnelles.

J’ai appris que vous n’aviez pas besoin d’un parent parfait, mais d’un parent authentique. Un parent imparfait qui essaie de parfaire notre relation à chaque instant, parfois de manière empathique et bienveillante, et parfois pas du tout.

J’ai appris que pour bâtir un lien d’attachement profond, il fallait s’investir pleinement dans la relation. Qu’il fallait beaucoup de présence, de temps, d’empathie et de respect afin de reconnaître l’autre pour qui il est, et ainsi l’aimer d’un amour inconditionnel.

 

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