Les six caractéristiques les plus fréquentes rencontrées chez une personne ayant un TDAH

Voici une petite liste de certaines particularités que nous pouvons retrouver chez les personnes ayant une attention multifocalisée.

 

À Noter : Nous avons tendance à présenter le TDAH comme un déficit, un handicap à compenser avec une liste de symptômes observables plus ou moins sévères.

Lorsque nous regardons le TDAH sous le prisme de la neurodiversité, nous ne parlons pas de trouble ou de déficit mais bien d’une condition neurologique différente de la norme avec comme point commun une gestion de l’attention et de la pensée particulière. L’information est perçue et traitée différemment. Ainsi, nous parlerons d’une liste de caractéristiques et non de symptômes que nous pouvons retrouvez chez ces personnes ayant ce mode de fonctionnement.

 

  1. Les défis de concentration

Sur le plan cognitif, chez ces personnes, nous pouvons remarquer qu’elles sont facilement distraites, lunatiques, éparpillées, font des oublis fréquents, ont l’air ailleurs, etc. Lorsqu’on les observe, nous avons l’impression qu’elles n’ont pas la capacité de porter attention aux détails. Alors qu’en fait, ces personnes suivent constamment leur environnement, elles sont envahies par tout ce qui se passe autour d’elles, à tous ces petits détails qui passent inaperçus aux yeux des autres. Les frontières interpersonnelles de ces personnes étant très souples, elles sont très sensibles à tous les stimuli de leur environnement.

En travaillant avec cette force qu’est cette attention modulaire et en respectant leur mode de fonctionnement, nous pouvons outiller ces personnes et alléger leur défi attentionnel au quotidien.

 

  1. L’énergie

Il semble plus ardu pour ces personnes à s’organiser, à commencer et terminer une tâche, à persévérer. Elles semblent souvent dispersées dans leurs tâches et dans leur esprit. Lorsqu’une activité est intéressante et motivante, il est plus difficile de l’interrompre. Être toujours en mouvement : bouger, faire des bruits avec la bouche, avec les mains, taper du pied, tourner sur sa chaise, difficulté à garder une position d’écoute, parler au moment inopportun, avoir un hamster dans la tête, etc.  Être en mouvement est un besoin essentiel pour eux que nous devons respecter. Nous pouvons travailler avec elle afin que leur besoin de bouger leur soit satisfaisant sans toutefois déranger les autres autour d’eux.

Par ailleurs, ces personnes ont besoin de calme pour se ressourcer. C’est essentiel afin qu’elles puissent se recentrer et mieux accomplir la tâche donnée. Ces personnes ont souvent besoin d’un objectif clair et bien défini mais avec une latitude quant à la manière d’atteindre cet objectif. Ces personnes ont leur propre mode d’apprentissage non conventionnel.

 

  1. La gestion du temps et l’organisation

Parfois, le temps semble passer trop lentement pour eux et d’autres fois, le temps passe si rapidement qu’elles sont surprises et ainsi surviennent les retards au rendez-vous. La perception du temps semble plus souvent modifiée pour les personnes ayant un TDAH. Chez tous les humains, cette perception peut varier en fonction des émotions, des intérêts, etc. Comme les personnes avec attention particulière sont hypersensibles, la perception du temps est davantage inégale et les défis dans notre société actuelle en sont plus grands pour les planifications quotidiennes et à long terme. En contrepartie, ces personnes sont flexibles et sont prêtes à changer rapidement de stratégie. Un atout non négligeable dans bien des situations.

 

  1. Les émotions et l’hypersensibilité

Les personnes ayant un TDAH sont des hypersensibles. Vu de l’extérieur, nous pouvons trouver leurs réactions exagérés, disproportionnées, « hyperréactives », intenses, etc. Nous sommes souvent portés à banaliser leurs émotions et à les juger d’extrêmes ce qui nuit à l’estime de soi. Pourtant, nous ne devrions jamais juger des émotions et ressentis des humains. Être hypersensible n’est pas un défaut et encore moins une altération. Il est essentiel d’être à l’écoute des ressentis des personne ayant un TDAH, sans jugement et de les soutenir et de leur donner des outils afin qu’elles puissent mieux gérer, contrôler et exprimer leurs émotions.

 

  1. La spontanéité

Dans le jargon du TDAH, nous qualifions plus négativement ce trait. L’impulsivité est mal perçue dans notre société. Avoir les idées qui se bousculent, vouloir à tous prix communiquer nos pensées rapidement sans réfléchir un instant, ça dérange. Pourtant, la spontanéité est essentielle. Être impulsif, c’est d’être désireux, c’est de réagir rapidement et de prendre des risques. Des qualités que recherchent les entreprises et qui font de ces personnes de bons entrepreneurs.

 

  1. Les frontières interpersonnelles

Lorsque nous avons un TDAH, nous sommes différents et parfois, il difficile d’entrer en relation avec les autres. La communication est différente. Les personnes ayant un TDAH socialisent différemment des neurotypiques, le tout combiné aux réactions et comportements mal compris : impulsivité, agitation, hypersensibilité, inattention, opposition, etc. Pour aider les personnes ayant un TDAH à entrer en relation avec les autres, il est d’abord essentiel d’informer et de sensibilité la population à cette condition. Ensuite, l’élément clé pour favoriser les relations interpersonnelles est de redéfinir avec la personne ses frontières personnelles en conservant leurs flexibilités mais en les aidant à mieux les définir.

 

Ces caractéristiques peuvent être de véritables défis au quotidien pour les personnes ayant un TDAH. Cependant, cette attention multifocalisée est une véritable force en soi lorsque nous respectons d’une première part le mode de fonctionnement (et non de tenter de normaliser la personne) et en acceptant que chaque personne utilise différentes techniques pour atteindre les mêmes objectifs. Nous devons toujours garder en tête qu’il existe plusieurs manières de se souvenir, de traiter et d’analyser l’information et d’organiser les entrées.

Également à voir: Le TDA-H au-delà des apparences

2 Comments

  1. Hum… Juste une question, pourquoi ne vois-je pas de zèbres/haut potentiel/EIP, etc. Dans vos articles (je n’ai pas encore été au bout) ? On y trouve l’autisme, c’est d’ailleurs très instructif (plus que certains sites de référence) je vois là les TDAH mais les zèbres ? Le fonctionnement neurologique est là aussi différent…

    • Bonjour 🙂

      Merci pour votre commentaire.

      Effectivement, le haut potentiel fait également partie des différences cognitives. C’est un sujet qui sera également abordé dans le futur, comme les “dys” entre autres.
      Vous pouvez par contre suivre notre page Facebook, nous y partageons des articles d’ailleurs traitant sur ces différents sujets.

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