L’autisme : un diagnostic tendance pour être « cool »

L’autisme est un mot de plus en plus utilisé. L’autisme semble être le nouveau mot à la mode de l’heure et les autistes « fonctionnels » semblent être un nouveau genre humain « cool ».

 

La fausse perception de « hausse fulgurante » de cas d’autisme a fait exploser l’intérêt culturel et médiatique de l’autisme au cours des dernières années. Plusieurs films et séries télévisées ont un autiste comme personnage principal. Parallèlement, des mouvements et des communautés de personne autistes voient le jour et de plus en plus d’adultes sont en quête d’un diagnostic.

 

Pourtant, malgré cette popularité grandissante, l’autisme demeure mal compris. Les stéréotypes s’amplifient corrélativement à cet intérêt.

 

Au grand écran, on met généralement en avant plan des autistes dotés de talents exceptionnels avec quelques particularités et embûches Des personnages plutôt attachants dans l’ensemble et qui sont bien acceptés de leur entourage malgré leurs quelques maladresses sociales.

Les autistes « lourds », inintéressants, sont abandonnés et laissés pour compte. On les stigmatise davantage dans leur autisme « pathologique » tabou. On creuse un fossé inutile et surtout, infondé entre les soi-disant autistes de « haut niveau », les autistes « cool » et les autistes de « bas niveau », ceux qui font peur et dont on semble taire l’existence.

On minimise les difficultés réelles que rencontrent les autistes « fonctionnels ». On nous laisse miroiter qu’être un autiste « fonctionnel » est “cool” et tendance. Et surtout, on nous laisse croire qu’être un autiste « fonctionnel » c’est d’être un génie !

 

L’autisme n’est pas une douance, ni une déficience intellectuelle.

 

On mélange parfois ces divergences parce que souvent, les autistes peuvent être très talentueux dans un domaine précis : ils aiment approfondir leurs connaissances dans les moindres détails pour leurs sujets de prédilection. Ce qui peut donner une fausse apparence de « génie ». On oublie que les autistes ont également de grands défis. Ils ont généralement une intelligence très hétérogène. Des grandes capacités et de grandes difficultés.

On ne peut pas prendre seulement les talents des personnes autistes pour en faire des personnes extraordinaires plus grandes que nature et balayer du revers les difficultés sociales et communicatives véritables et autres défis conséquent à leur cerveau atypique.

À l’inverse, nous considérons souvent à tort les autistes « lourds » comme étant des déficients intellectuels. La plupart d’entre eux reçoivent également cette mention malheureusement. Le problème est davantage lié à la communication entre autistes et non-autistes et aux comportements atypiques des autistes qui sont mal interprétés. Nous confondons deux termes : sévère et visible. Les autistes catalogués de « lourds » ont en fait un autisme plus apparent de l’extérieur, surtout à l’âge préscolaire.

 

D’une autre part, on mélange tout. En lien avec la notion de neurodiversité, des militants, majoritairement autistes, réfutent le terme de « maladie » ou « trouble » lié à l’autisme. Ces autistes affirment que l’autisme est une divergence neurologique et que les autistes contribuent à la diversité et la richesse humaine.

 

Cependant, de mettre en avant plan les forces et capacités des autistes n’enlèvent pas leurs difficultés quotidiennes et surtout, valoriser les talents des autistes n’en font pas des êtres supérieurs et plus « cool » que les non-autistes.

 

Cette idée et cette tendance populaire qui en découlent sont totalement absurdes.

La neurodiversité c’est la diversité des esprits humains et les mouvements qui en résultent ne vantent pas les personnes neurodivergentes comme étant des êtres aux capacités exceptionnels. Le mouvement de la neurodiversité désigne, entre autres, la diversité plutôt que l’incapacité et la déficience. Il défend l’idée que les êtres humains qui ont une neurologie différente de la moyenne ne sont pas troublés, malades ou inférieurs. Il met en lumière le potentiel inné de chaque individu et la richesse que la diversité neurologique peut apporter à la société.

Plusieurs adolescents et adultes sont en quête profonde d’identité. La véritable quête de soi de ces individus est loin d’être une mode passagère anodine. Ces personnes souffrent. Non pas d’être autiste mais de ne pas savoir qui elles sont. Elles souffrent de ne pas comprendre leur fonctionnement. Elles souffrent de compenser. Elles souffrent et s’épuisent à se camoufler, à essayer de faire comme les autres, à se fondre dans la masse.

Il est crucial pour ces personnes de mettre un mot sur leur différence afin qu’elles cessent d’être en errance de leur personnalité. Alors enfin, elles pourront vivre en étant elles-mêmes en arrêtant de faire semblant constamment, de jouer la comédie sociale et de cacher leurs particularités.

L’autisme semble être le diagnostic à la mode, le diagnostic « cool » de l’heure chez les adultes !

 

L’autisme n’est ni d’une pathologie, ni d’une fantaisie populaire.

 

L’autisme est une variation du traitement de l’information. Une variation neurologique avec tout ce qu’elle implique : les aptitudes et les challenges.

 

 

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