L’autisme et les crises

Le mot crise est un terme qui revient souvent lorsqu’on parle d’autisme.

Les crises ont une connotation bien négative et tout être humain enclin à ces comportements est souvent jugé par la société, voir méprisé. Les parents ayant un enfant qui fait une crise en public sont également jugés sévèrement et surtout, injustement.

Je vous propose de pousser la réflexion un peu plus loin que la simple observation d’un comportement et ainsi, essayer de changer la perception péjorative du mot crise et de ces manifestations.

Par définition, une crise est une rupture d’équilibre. La crise a alors une fonction vitale pour les êtres humains, soit de rétablir l’équilibre émotionnel interne.

Elles sont le résultat d’une accumulation de tension insoutenable. Un grand bouleversement déstabilise l’équilibre interne et les repères de la personne. Cette tempête émotionnelle s’impose à elle. C’est le chaos à l’intérieur de soi.

Lorsque la crise s’exprime, la tension s’évacue. Ce sont par des manifestations parfois bruyantes, parfois silencieuses qu’un individu espère faire entendre sa souffrance par son entourage pour ainsi pouvoir retrouver son bien-être.

Dans notre société, nous avons tendance à favoriser les émotions calmes. Les crises de colère ou les meltown autistiques sont irritants, troublants et difficiles à accueillir. Les émotions, bien que souvent réprimer dans notre société actuelle, sont nécessaires. Les émotions font peur, les fortes émotions à l’état pures effraies. Pourtant, plus nous accompagneront un individu tôt dans l’enfance dans ces moments de crises intenses (plutôt que de l’ignorer, de réprimer ses émotions ou de le punir), plus ce dernier les apprivoisera. Plus nous l’aideront à mettre des mots sur les déclencheurs et sur les émotions ressenties, plus la personne sera en mesure de comprendre ses émotions et de les gérer et n’en saura plus effrayées.

Les crises ne doivent pas nécessairement être perçues comme un moment négatif. Nous avons tendance à confondre sentiments et émotions. Une émotion est un processus de décharge qui permet à la personne de se soulager. Ce que l’on nomme “crise’” est le processus de décharge émotionnel. Nous demandons souvent à l’enfant ou l’adulte de se calmer, mais en fait, c’est justement la crise en soi qui calme la personne.
La crise est un passage obligée.

Il ne faut jamais banaliser une crise même si les événements déclencheurs semblent futiles. Jamais ne nous devrions juger les émotions ou la sensibilité sensorielle d’autrui. Ce qui semble exagération pour une personne est vécu différemment pour une autre.

Ainsi, lorsque nous accompagnons la personne en accueillant son émotion, en l’écoutant et en laissant toute la place à l’expression de ce qu’elle vit intérieurement, nous l’aidons à bien vivre ce moment et à apprivoiser ses émotions. Nous lui permettons de ne plus être effrayée et submergée par ses émotions. Nous l’aidons à gérer son anxiété. Nous aidons l’enfant (et même l’adulte) à faire face à ses émotions et à ses impulsions. Nous lui donnons des outils pour mieux gérer ces tempêtes et ces émotions envahissantes. Graduellement, nous favorisons les bonnes connections neuronales dans son cerveau qui lui permettrons de faire face aux situations de la vie de manière plus sereine, et non plus en se laissant envahir par l’émotion, mais en la traversant avec confiance. Nous lui permettons de mieux se connaître, ce qui lui donnera des outils également pour mieux gérer les surcharges sensorielles. Elle apprendra à reconnaître les déclencheurs et connaîtra ses limites.

Il ne faut pas avoir honte que notre enfant fasse une crise en public, même si le regard des autres semble nous mépriser. Entrez dans une bulle avec votre enfant et oublier l’extérieur. Accompagnez-le avec confiance et douceur. A ce moment, il existe que vous et lui. Faites-vous confiance. Vous savez ce dont votre enfant a besoin.

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