L’autisme et la communication – campagne avril 2017

La communication des autistes est très variable. Nous retrouvons des autistes très volubiles avec un vocabulaire digne d’une encyclopédie mais avec un discours parfois hors contexte, d’autres qui parlent très peu mais qui écrivent beaucoup, d’autres non verbaux qui communiquent seulement par écrit ou avec des pictogrammes, d’autres qui communiquent par des gestes ou par des comportements et d’autres qui utilisent une ou plusieurs ces communications.

Tout comme l’autisme, la communication a plusieurs visages.

Le langage est un concept abstrait. En communication verbale, les mots sont éphémères : on ne voit pas les mots et ils disparaissent aussitôt prononcés. Les autistes sont des personnes de perception. Ils voient ce qu’ils voient : le concret. Ainsi, la communication écrite est souvent plus facile car elle est concrète et plus claire. Bien des autistes comprendrons que les sons sont des mots lorsqu’ils auront accès à du matériel imprimé. Pour ces raisons, l’acquisition du langage et des codes sociaux est un processus d’apprentissage long, complexe et ardu pour les personnes autistes.

Ainsi, ce n’est pas tant que les autistes ne comprennent pas les interactions sociales et les codes sociaux mais bien qu’ils doivent les apprendre, au même titre qu’une nouvelle matière à l’école. Tout ce qui a trait à la communication n’est pas inné pour les autistes. Ils doivent l’apprendre pour le comprendre.

Les autistes n’ont pas une communication absente ou déficitaire. Ils ont simplement une manière particulière de communiquer qui est important de respecter. Un autiste ne communiquera jamais de la même manière qu’un neurotypique. Ce n’est pas naturel pour lui. Laisser un autiste libre de ses mots et de ses gestes pour s’exprimer sans le réprimer lui fera gagner en confiance et son apprentissage de la communication en sera facilité. En aucun cas un geste ou un comportement que l’on juge inapproprié devrait être ignoré sous prétexte “que ça ne veut rien dire”.

Nous associons souvent, à tort, les autistes non verbaux comme étant des autistes profonds (“sévères”), voire déficients intellectuels. Mais il n’en est rien. Plusieurs facteurs dans le temps et même dans chaque situation donnée peuvent influencer la communication d’un autiste. L’environnement, les méthodes d’apprentissage, les surcharges sensorielles, le nombre de personnes présentes, les situations émotionnelles, etc.

Malgré toutes ces difficultés liées à la communication, certains autistes sont de véritables petits moulins à paroles. Dans certaines situations, ces mêmes autistes, pourtant très volubiles et au vocabulaire très riche, se retrouvent incapables de prononcer un seul mot, même pas leur nom. Il s’agit de mutisme sélectif. On peut alors penser que l’enfant est oppositionnel, provocateur, manipulateur et que l’adulte est snob, stupide, désintéressé. Mais, la personne n’a aucun contrôle sur son mutisme et ce mutisme peut survenir à tout moment : Anxiété sociale, stimulations trop intenses, émotions trop vives, sentiment d’être incompris, etc. Dans ces situations, nous pouvons parfois aider l’enfant en répondant aux questions à sa place ou en l’aidant à mettre des mots sur ses ressentis. Ces gestes simples pourront l’aide à prendre confiance et lui donneront des outils de communication pour le futur. Nous pourrions également permettre à l’enfant ou l’adulte de s’exprimer par écrit, par pictogrammes dans ces situations difficiles.

Il ne faut jamais l’obliger à parler. Son humiliation, son sentiment d’incompétence et son anxiété ne feraient qu’augmenter.

Il est important de donner à chaque partie les outils nécessaires pour se comprendre. La communication, quelle qu’elle soit, demeure essentielle dans bien des domaines de la vie et est un grand facteur de limitation du potentiel autistique et de l’autonomie. L’écriture, les pictogrammes, les Ipad, le langage des signes par exemple, sont des moyens de communication valables qui mériteraient d’être plus largement tolérés dans notre société.

La communication, c’est beaucoup plus que le verbe “parler” et beaucoup plus que des mots.
Les mots, les paroles, les écrits, les gestes et les comportements sont tous des moyens de communication et méritent notre attention.

Peu importe notre langage, les autistes s’expriment et ont des opinions à nous véhiculer.

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*