L’autisme au féminin

L’autisme est souvent perçu comme une particularité masculine. En effet, il y a beaucoup plus de diagnostics d’autisme chez les garçons que chez les filles (Environ 3-4 garçons pour 1 fille).

Pourtant, l’autisme féminin est bien réel et possiblement bien plus présent que les statistiques officielles présentées. Nous n’avons qu’à nous promener sur des groupes de soutien pour les personnes autistes afin de remarquer qu’il y a plusieurs femmes en quête de réponses quant à leur condition. Les diagnostics à l’âge adulte rapportent des chiffres d’environ 1 femme pour 2 hommes. Les femmes autistes sont beaucoup moins rares que l’on croit.

Cette perception que l’autisme est typiquement relié au sexe masculin rend le diagnostic chez la femme insolite, tant pour certains professionnels de la santé tant pour les femmes en questionnement par rapport à elle-même. Les femmes sont ainsi sous-diagnostiquées et se retrouvent alors seules dans l’incompréhension de leur difficultés sociales, émotionnelles, relationnelles, etc. De plus, ces femmes se retrouvent souvent avec un autre diagnostic, conséquent à leurs difficultés quotidiennes non comprises: anorexie, dépression, toc ou encore avec un diagnostic erroné comme la bipolarité, un trouble anxieux, etc.

Les intérêts particuliers et passionnés chez la femme sont généralement plus communs que chez les hommes et sont par conséquent, plus acceptés socialement. Les gestes répétitifs et les mouvements brusques sont moins présents chez les petites filles. Les difficultés sociales sont parfois plus importantes pour la femme mais demeurent invisibles. Les femmes sont souvent plus habiles pour cacher leurs difficultés sociales que les hommes. Elles peuvent donc passer davantage inaperçu tant à l’enfance qu’à l’âge adulte.

Les femmes gèrent silencieusement leurs difficultés en imitant les comportements des autres femmes et compensent leurs difficultés. Les femmes sont habiles pour trouver des stratégies pour camoufler leurs confusions sociales et portent une grande attention à ne pas se faire remarquer. Dans l’ignorance de leur condition autistique, les femmes passent leur vie à imiter et tentent de plaire aux autres. Elles jouent souvent au caméléon. Elles ignorent totalement qui elles sont véritablement.

Les femmes sont généralement conscientes de leur différence mais n’en connaissent pas la source. C’est extrêmement épuisant, drainant et déprimant. Les femmes s’autocritiquent bien sévèrement et quand elles ne connaissent pas leur neurologie, elle se sentent souvent inférieures et stupides.

Cette fausse croyance que l’autisme serait réservé qu’aux garçons n’aide en rien les femmes dans leur quête d’identité. Et pour celle qui ose en parler ou qui obtiennent un diagnostic, elles sont souvent soumises à des jugements de leur entourage, encore plus lorsque l’autisme s’étend à leur progéniture féminine. La crédibilité de leur condition est mise en doute et doivent souvent se justifier.

L’autisme est vécu de manière différente d’une personne à une autre et il est également vécu différemment pour les hommes et les femmes. Les caractéristiques et comportements sont donc différentes.

L’autisme n’est pas une condition exclusivement masculine.

Un diagnostic permet de se réapproprier notre personnalité et de reconstruire son identité. C’est le début de la quête de soi et de la liberté intérieure. Il est donc essentiel qu’homme et femme puissent être pris au sérieux lorsque l’on parle d’autisme.

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