J’aurais aimé que ma soeur ne soit pas autiste.

“Moi maman, je ne voudrais pas d’enfant autiste… je déteste l’autisme, j’aurais aimé que ma soeur ne soit pas autiste”

 

Des phrases comme celle-ci, on en voit trop souvent encore. Des phrases qui semblent normales. Des phrases que l’on partage. Des phrases dont on banalise les propos et l’impact. Des phrases qui sont encore acceptées par notre société.

Une société qui se dit tolérante et inclusive, ouverte à la différence.
Une société qui s’efforce d’éliminer l’intimidation des jeunes dans nos écoles. 

Je n’ai pas “ce problème” d’avoir des enfants autistes ET neurotypiques. Mes enfants plus âgés étant tous autistes, je ne peux sûrement pas comprendre diront certains.

A l’inverse, par contre, je peut constater que mes enfants jouent ensemble, ils communique, ils s’inventent un monde imaginaire, ils s’animent de passions et ils s’aiment profondément.  Je peux constater que l’autisme ne rend pas asocial. Je constate que ce n’est pas le fait d’être autiste qui désuni une fratrie.

Quand  la communication et le mode de pensée est le même, l’autisme n’est pas une tare, on ne cherche pas à éradiquer la particularité de l’autre.

Se boucher les oreilles, être mieux tout nu, ne pas regarder dans les yeux, préférer rester à la maison plutôt que de voir des amis etc. Dans une société d’autistes, c’est normal.

Quand une chicane éclate, parce que oui, je vous rassure, elles sont nombreuses chez nous aussi ! Et que ma fille dit qu’elle ne veut plus voir son frère parce qu’il donne des coups de pieds, ce n’est pas l’autisme que l’on blâme. On y voit une chicane typique entre frère et sœur et un besoin d’espace.

Mes enfants sont aussi bien différents. Leurs réactions sont différentes. Leurs particularités sont différentes. Leur “autisme” est différent. Quand mon gars fait une crise pour la énième fois de la journée, qu’il lance des objets, frappe sa sœur et son frère, qu’il s’effondre par terre, ma fille viendra nous chercher en nous disant d’aider son frère à se calmer. Même son petit frère viendra nous dire “aider aide, à terre”.

Ils savent, bien que fâchés, tristes et parfois désemparés face à la situation, que leur frère se désorganisé plus facilement. Qu’il est difficile pour lui encore de nommer ses émotions, de contrôler ses membres, qu’il est parfois plus sensible à son environnement changeant. Ils savent que nous travaillons avec lui à ce niveau.

Mes gars savent qu’il est extrêmement difficile pour ma fille de partager ses jouets. Que tout doit être exactement au même endroit dans la chambre. Ils savent que changer l’environnement de leur soeur la désorganise complètement. Ils savent que nous travaillons avec elle à ce niveau et ils apprendre à la respecter en demandant la permission avant de tout déplacer. Ils sont parfois fâchés mais ils apprennent aussi le respect de l’autre.

La différence, mes enfants, ils la vivent. Il la côtoie et l’apprécie chaque jour même dans ses difficultés. Ils grandissent.

Ils n’ont pas appris l’autisme, ce vilain mot qui justifie tous les “mauvais” comportements, toute l’incompréhension, toute la cause de nos souffrances.

Ils ont appris que chaque humain est unique et peut reagir de différentes manières face à son environnement. Un n’est pas mieux que l’autre. Chacun a ses forces et ses défis.

Et surtout, quand on ne se comprend pas, on ne blâme pas l’autre. On écoute. On apprend l’empathie. On va chercher de l’aide et des outils. On apprend, on s’améliore, on évolue et que cela prend du temps, beaucoup de temps. 

Apprendre la tolérance, l’ouverture d’esprit, la différence, l’inclusion, ça commence à la maison. Et par dire non à toutes formes d’intimidation.

Il est trop facile de jeter tout sur le dos d’un mot: Autisme

Avoir, une famille neurodiverse est une si belle occasion d’apprendre toutes ces notions à nos enfants afin que justement, l’autisme et autres soient mieux compris et accepter dans notre société future.

 

Il est dommage de constater que la société encourage ce genre de discours plutôt que d’offrir le soutien et l’aide nécessaire aux parents qui sont vraisemblablement complètement dépassés par leur situation familiale et l’incompréhension de l’autisme de leur enfant. 

 

Pour inspiration : Raconter la diversité humaine

 

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