Gardez votre calme! Il s’agit d’une effondrement émotionnel et non d’un mauvais comportement capricieux.

Les crises de colère chez les enfants interpellent grandement les parents particulièrement lorsque l’enfant est autiste.

L’intensité des crises peut atteindre un niveau très angoissant pour tous les enfants. Les parents se retrouvent souvent désemparés devant des telles crises et sans ressource pour aider l’enfant à surmonter la crise adéquatement. Les crises de colère peuvent survenir à tout moment et n’importe où, même en public!

Les crises sont un passage inévitable et elles sont importantes pour aider le cerveau à se modeler. C’est pourquoi il est essentiel de les écouter et d’apprendre à l’enfant à bien gérer ces violentes tempêtes émotionnelles. En y répondant adéquatement, les parents aident leur enfant à créer des voies de communications cérébrales solides qui lui serviront tout au long de sa vie à bien gérer les stress, les événements frustrants et lui donneront également confiance en lui.

On tend souvent à croire que les crises de colère sont des luttes de pouvoir ou encore un accès de rage pour tenter de manipuler. Pourtant, dans la grande majorité des cas, il s’agit véritablement de souffrance émotionnelle. Les enfants ont des comportements qui nous déstabilisent complètement, dont nous avons de la difficulté à saisir. Ce n’est pas parce qu’un comportement n’est pas compris d’un adulte qu’il s’agit d’un caprice. Il est important de se demander pourquoi notre enfant agit ainsi, que se passe-t-il dans sa tête à ce moment précis et essayer par la suite de trouver une solution au dit  »caprice ».

Les grosses colères  »surviennent généralement parce que le cerveau supérieur de l’enfant n’est pas encore assez développé pour gérer les émotions fortes. » Elles sont  »provoquées par l’impuissance, la frustration, la perte, la déception et le sentiment d’être incompris. » (La science au service des parents, Margot Sunderland) La surcharge sensorielle, la faim, l’ennui, la fatigue, le sucre, le stress, etc, sont d’autres facteurs favorables aux déclenchement d’une crise. Les crises de détresse doivent toutes est prises au sérieux! La colère doit dans tous les cas être entendue et non ignorée. Il est également important de mettre des mots sur le ressenti de l’enfant. Les enfants n’ont pas encore d’outils pour gérer leurs émotions ni de mots pour les nommer.

 »Il n’y a pas de réponse universelle à la colère… l’important c’est de savoir de quoi est construite cette colère, quelle en est sa cause profonde. D’ailleurs souvent, nous croyons que l’enfant est en colère… mais il ne l’est pas! » Isabelle Filliozat

Les colères de détresse des enfants autistes peuvent se manifester à un âge plus avancé et peuvent également durer plus longtemps que chez les autres enfants. Le cerveau autistique ne se développe pas de la même manière que le cerveau des non-autistes. Chaque neurologie a son propre rythme. La perception des autistes est également différente et c’est pourquoi, même pour plusieurs adultes autistes , les  »crises de colère » sont présentes. Mais ici, on fait référence à un effondrement autistique ou à un  »Meltdown » de type colérique. L’environnement est souvent mal adapté aux autistes ainsi les difficultés pour comprendre et s’exprimer, le fait de percevoir différemment le monde et d’être submergé par les stimuli peuvent être des éléments déclencheurs. Les autistes expriment souvent leurs émotions de la manière dont ils les ressentent: différemment et intensément. L’excès de colère est souvent la seule émotion qui semble se dégagée et donc, perçue par autrui. Comme pour les très jeunes enfants, pour la personne autiste, il s’agit plutôt d’un mélange d’émotions difficilement exprimable et contrôlable. Une énorme peur intérieure.

Lors d’un  »meltdown », l’enfant autiste est en perte de contrôle et il n’est pas en mesure de comprendre et gérer les conséquences de ses gestes posés. Par rapport à son âge et à ses capacités intellectuelles, l’enfant autiste (ou l’adulte autiste) est incapable de faire une pause, de prendre du recul et de penser à une stratégie pour résoudre le problème. La colère (peur) est en puissance maximale et il peut avoir une réaction physique instantanée et irréfléchie. Le meltdown autistique passera par lui-même, généralement, assez rapidement.

Fait important à souligner est que la colère est présente mais l’émotion ressenti est souvent tout autre. L’expression, dans ce cas-ci la colère, diffère du ressenti qui peut être la tristesse, la peur, l’anxiété, etc.

Généralement, les gestes affectueux ne rééquilibre pas les émotions de l’autiste en meltdown. Au contraire, la colère est souvent augmentée et la réaction est agressive. Simplement signifier notre présence auprès de la personne est suffisante et même nécessaire pour les jeunes enfants.

Tant pour les crises de colère de détresse que pour le meltdown, il faut garder en tête que l’enfant est en véritable détresse émotionnelle et qu’en aucun cas, il s’agit d’une tentative de manipulation dans le but d’obtenir quelque chose. L’enfant est dépassé par les émotions qui l’envahissent. Il s’agit d’une perte de contrôle du à un cerveau encore trop immature combiné aux stimuli sensoriels environnants. Il est important de trouver l’origine de la crise et d’apporter notre soutien à l’enfant. L’ignorance est en aucun cas recommandée ni d’essayer de raisonner l’enfant. Rester calme et parler doucement sont des éléments clés.

Lors d’une crise de colère de détresse, l’enfant aura souvent besoin d’être contenu. Le contact physique apaise l’enfant et lui permet de retrouver son calme. Par ce geste, nous lui montrons également que ses émotions sont légitimes et qu’il ne doit pas en avoir peur.

Lors d’un meltdown autistique, l’enfant aura besoin de tranquillité. Le contact physique est à éviter. Dans les deux cas, une fois calmé, il sera plus facile de discuter avec l’enfant pour comprendre l’émotion et trouver des solutions.

Dans les deux situations, nous pouvons tenter de prévenir la crise en essayant de comprendre les déclencheurs et de les éviter au maximum par la suite.

Mélanie Ouimet

2 thoughts on “Gardez votre calme! Il s’agit d’une effondrement émotionnel et non d’un mauvais comportement capricieux.”

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