Arithmétique, norme et différence

Je me suis demandée d’où venait la différence, mais surtout, pourquoi celle-ci est si mal perçue dans notre société.

Pour savoir de quoi ça en découle, il faut d’abord se pencher sur l’arithmétique.

En arithmétique, la différence se trouve à être le résultat de la soustraction entre deux nombres. Elle est nulle lorsque les nombres sont égaux et elle permet de distinguer deux valeurs de calcul.
Dans la vie courante, la différence permet de distinguer une chose d’une autre. Que ce soit par sa dimension, sa valeur monétaire, son poids, ou encore sa couleur, son odeur, etc., sans qu’il soit forcément rattaché un quelconque jugement de valeur au contenu de cette différence.

Malheureusement, transposée dans le quotidien, on remarque facilement qu’une différence dérive souvent vers un jugement de valeur. Il s’agit là d’une interprétation erronée de mots et de symboles forgés par les mathématiciens.
En effet, en calquant le sens arithmétique au sens courant, une différence signifierait une possibilité de classification sur une échelle de valeur. Cette dérive de sens entraîne de nombreuses incompréhensions dans les débats actuels, tels que le handicap, le racisme, le féminisme, où il devient quasiment impossible de parler de différence sans que des interprétations y raccrochent un jugement de valeur, un rejet par rapport à la norme établie par le plus grand nombre.

Ce sont là des discriminations qui remettraient alors en cause l’égalité sociale, et de manière plus générale les principes fondamentaux des droits de l’homme et du citoyen.

En tant que société, il faut prendre en considération que la différence est partout. La règle du plus grand nombre ne s’applique pas.
La différence c’est tout le monde. Chaque être est le résultat unique d’une équation tout autant unique.

Toujours est-il que ces interprétations erronées amènent certaines personnes ou certains groupes de personnes à penser qu’ils sont les seuls à avoir raison. Allant même jusqu’à prétendent, à tort, que l’autisme, ou toutes autres différences, doivent être éliminées, vaincues ou guéries, pour être dans la norme.

Lorsqu’on regarde la définition du mot « norme », en philosophie, une norme est un critère se référant implicitement ou explicitement à un jugement de valeur. Ces normes varient fortement avec les époques, les individus et de manières plus générales avec les sociétés.

La marge, l’ostracisme, la persécution sont des notions se rapportant à la norme. Par le passé, l’excommunication permettait à l’Église catholique de rejeter la personne qui ne se pliait pas à ses normes. Même si la religion a nettement reculé, la norme est encore aussi forte. Les normes varient donc d’une époque à l’autre. Le procédé demeure le même. Pour bien vivre en société, il faut en accepter les normes. Mais si les normes établies ne sont pas représentatives, la société a le POUVOIR de les modifier.

Nous aurions tous intérêts à s’inspirer des gens dit différents, de ces gens qui ne pensent pas comme la foule, qui ne vont pas dans la même direction du vent, mais qui respectent également la disparité, parce que oui, bien souvent les gens différents sont aussi les plus tolérants. C’est à nous en tant que société à évoluer et s’ouvrir sur la différence et cesser l’ignorance. Suivre la norme n’est pas une philosophie mais repose plutôt sur la recherche d’un consensus, et c’est nous qui l’influençons !

Amélie Bastien

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